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Spectacles

Moroni Blues

CLICANOO.COM | Publié le 15 février 2008

Le spectacle prévu ce soir, en avant-première à la salle Guy-Alphonsine, s’inspire du livre “Moroni Blues, chapitre II”. Un ouvrage qui a créé la polémique en France et aux Comores à sa sortie l’année dernière aux Éditions Bilk & Soul. L’auteur Soeuf Elbadawi aborde un sujet sensible pour ne pas dire tabou : celui du repli communautaire.

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Dans Moroni Blues, l’auteur et comédien comorien Soeuf Elbadawi part d’un constat : “Une ville est un lieu d’intégration. Toute cité, comme toute société, et comme toute culture, qui n’intègre pas des apports nouveaux, des visages d’ailleurs, des visions du monde différentes, finit par s’anéantir d’elle-même. Le « repli » a une odeur, celle de la mort, et que s’il s’érige en principe de vie dans certaines de nos sociétés, c’est parce que la fabrique du semblable rassure le grand nombre chaque jour un peu plus”. La version scène de Moroni Blues s’inspire d’un livre paru en janvier 2007 et qui a entraîné moult débats, notamment aux Comores. Le spectacle, mis en scène par Robin Frédéric du théâtre Les Bambous – alliant théâtre, musique, vidéo – est présenté comme “Une rêverie à quatre, avec un premier personnage qui “tisse un poème autour de Moroni. Une cité aux boutres, nichée au bout du bout de l’Archipel.

CITÉ AUX BOUTRES

Une ville qu’il connaît bien, puisqu’il y est né et y a grandi. Ses trois amis se font complices et lui emboîtent le pas dans son récit. Ensemble, ils font couler le trembo (alcool local fait à base de coco) de l’espérance et s’enivrent de paroles. Ils parlent du repli, trafiquent de l’imaginaire sur des bateaux en partance et descendent d’un boutre qui prend eau de tous côtés.” Soeuf Elbadawi tient le rôle du premier personnage. Il sera entouré des comédiens musiciens dont le guitariste Mikidache (Lauréat des Découvertes RFI 99) à qui a été confiée la direction musicale ; M’toro Chamou, instrumentaliste comorien jouant du kabouss, et Fabrice Thompson, maître guyanais du tambour qui tient lieu d’homme-orchestre. Après la série de représentations ce soir à Saint-André dans le cadre de Quel Train (voir notre édition d’hier), aux Bambous à Saint-Benoît et au Séchoir à Saint-Leu, les “artisans” de Moroni Blues envisagent de le présenter aux Comores, à Mayotte et dans les festivals en métropole et en Afrique.

Pana Reeve

Les dates à retenir

Moroni Blues de Soeuf Elbadawi, mis en scène par Robin Frédéric, coproduit par Washko Ink (Comores), Le Théâtre Les Bambous en partenariat avec le CDROI et BillKiss (Paris)
- À la salle Guy Alphonsine à Saint-André, ce vendredi 15 février à 21 h dans le cadre de Quel train ?
- Au théâtre Les Bambous à Saint-Benoît le lundi 18 à 14 heures, le mardi 19 à 20 h 30, le samedi 23 à 20 h 30 et le lundi 25 à 10 heures.
- Au Séchoir à Saint-Leu le vendredi 22 février à 20 h 30.

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