Plus de 600 tonnes d’hydrocarbures et 39 000 tonnes de phosphate brut déversées dans la mer, des dizaines de kilomètres de plage souillés, au moins 20 000 personnes privées de ressources alimentaires et touchées par des problèmes respiratoires et cutanés. Même si elle est restée invisible chez nous, c’est bien une catastrophe écologique majeure qui touche l’extrême sud de Madagascar après le naufrage, fin août, du bateau turc Gulser Ana. Le premier rapport de l’association WWF est effrayant (lire notre édition de samedi). Les écologistes ne déplorent pas seulement que neuf baleines n’aient pas supporté la marée noire. Ils lancent un cri d’alarme sur les conséquences de la pollution touchant aussi bien la population que l’écosystème de ce qui était un sanctuaire marin. La WWF craint le pire pour les pêcheurs et leurs familles qui ont ramassé des plaques de pétrole sans protection. Même chose pour la faune et la flore maritime asphyxiées par le phosphate. On pourrait aussi parler des gastéropodes. Ceux qui ont été autopsiés contenaient d’importantes quantités de métaux lourds. A quelques centaines de kilomètres de notre île, le sud de Madagascar vit un drame comparable à celui qui a frappé les côtes bretonnes dévastées par les naufrages de l’Amoco Cadiz de l’Erika. Pourtant, mis à part le WWF, personne ne semble vouloir venir en aide aux Malgaches livrés à leur triste sort. Ou au moins s’intéresser à ce désastre. A commencer par les grands médias internationaux pourtant friands de sujets écolos. Tout se passe donc comme si cette catastrophe était passée sous silence. Pire, la pollution du Gulser Ana montre cruellement comment des pays tels que Madagascar restent inéluctablement dans un angle mort de notre planète. Là où tous les types de pillages et d’outrances au productivisme sont possibles. Y compris de la part d’autres pays du tiers-monde. Car ce naufrage est bien l’œuvre d’armateurs voyous qui s’affranchissent des principes, des frontières et du respect des autres. Appartenant à la liste des 66 navires les plus dangereux de la planète, ce vraquier avait été mis à la porte des eaux de l’Union européenne. Parti du Togo pour aller en Inde, le bateau continuait toutefois de sillonner d’autres mers du globe. Et sachant à quel point un juge d’instruction français a eu du mal à renvoyer dix-huit responsables du naufrage de l’Erika devant un tribunal correctionnel huit ans plus tard, ce n’est pas faire injure à la justice malgache que d’imaginer que cette catastrophe restera à jamais impunie. Quant au sort des pêcheurs du sud de la Grande Île, affamés et bientôt en proie à des cancers, les armateurs et affréteurs du Gulser Ana s’en soucient autant que Total de sa première boulette de pétrole sur le granit breton.
Jérôme Talpin
Et que dire de la marée noire actuelle du Timor...
Elle a débuté a peu près au même moment et n’en finit pas. Vu qu’il s’agit de puits en fuite, la situation empire tous les jours : 2000 barils se déversent quotidiennement (à 159 litres/baril) et le pétrole atteint désormais les côtes indonésiennes. Plus d"infos sur le site de SIbylline : http://www.sibylline.org (Internet explorer), dans les 3 langues, l’anglais étant la plus fournie sur le sujet (rubrique news).
3 novembre 2009 - 04:10
Et ça continue....
jusqu’au jour ou l’homme sera confronté à sa plus grosse connerie.Une vieille dame un jour m’a dit que "LA PIRE DES RACES SUR TERRES,C’EST LA RACE HUMAINE".Elle détruit tout sur son passage.Vraiment dégouté par tout ça !!
2 novembre 2009 - 14:52
Et l’Europe ?
Vous pensez que l’Europe est à l’abri de ce genre de catastrophe ?
Avec des armateurs grecs, maltais, italiens etc... qui utilisent les pavillons de complaisance pour leurs navires poubelles, on peut en douter.
Ou alors oui, leurs bateaux s’échoueront sur les récifs des pays pauvres, à l’abri de poursuites judiciaires grâce à la corruption.
2 novembre 2009 - 11:04